Durée du travail en hôtellerie-restauration : CCNT 2026

L’essentiel en bref

Dans l’hôtellerie-restauration, la CCNT limite votre semaine de travail à 42 heures en moyenne, à 43,5 heures dans un établissement saisonnier et à 45 heures dans un petit établissement. S’y ajoutent deux jours de repos par semaine. Les heures supplémentaires sont compensées par du congé ou payées, avec une majoration de 25 % si l’employeur n’enregistre pas correctement votre temps, ne vous communique pas votre solde ou paie trop tard.

Ces chiffres figurent sur bien des sites. Ce qui manque, c’est ce qui compte au quotidien : comment savoir quelle durée hebdomadaire s’applique dans votre établissement, ce qui compte vraiment comme jour de repos et comment vérifier vous-même, à la fin du mois, si votre solde est juste. C’est l’objet de cet article, étape par étape, avec le texte de la Convention collective nationale de travail pour les hôtels, restaurants et cafés (CCNT), qui s’applique à presque tous les restaurants et hôtels de Suisse. Nous verrons aussi une affaire jugée par le Tribunal fédéral, qui montre ce que peut valoir un simple carnet.

Combien d’heures par semaine selon la CCNT ?

Cela dépend du type d’établissement, pas de votre poste. La semaine de 42 heures est la règle. Elle s’applique dans tout établissement qui n’est ni saisonnier ni petit, aux cuisinières comme aux réceptionnistes ou aux plongeurs. Le temps de présence en fait partie, y compris l’heure creuse où vous attendez les clients dans une salle vide. Le temps des repas, en revanche, n’est pas du temps de travail. Il dure au moins une demi-heure par repas. Si vous devez rester à disposition pendant ce temps, il compte quand même.

Un petit établissement peut convenir de 45 heures. Selon le commentaire de l’Office de contrôle de la CCNT, c’est une entreprise qui emploie, outre le propriétaire, au maximum quatre personnes à plein temps, ou au maximum six personnes qui totalisent au plus 400 % de taux d’occupation, temps partiels et apprentis compris. Trois auxiliaires par année avec un faible taux d’occupation, jusqu’à 2’500 francs de salaire par an, n’y changent rien. Un petit bistrot avec trois employés à plein temps et un extra le week-end entre donc dans cette catégorie. L’annexe de la convention est plus brève : au maximum quatre collaborateurs occupés de manière permanente, membres de la famille compris.

Un établissement saisonnier peut convenir de 43,5 heures. Ce sont les établissements ouverts seulement à certaines périodes de l’année, comme un hôtel de montagne qui n’ouvre que l’hiver. Un établissement ouvert toute l’année avec une haute saison marquée peut aussi devenir saisonnier, mais seulement avec une homologation de l’Office de contrôle. Marquée veut dire : trois à neuf mois par an pendant lesquels le chiffre d’affaires dépasse en moyenne d’au moins 35 % celui des autres mois. L’établissement doit présenter ses chiffres d’affaires mensuels des deux dernières années, et l’homologation vaut deux ans. Elle ne se renouvelle pas d’elle-même : l’établissement doit déposer une nouvelle demande avant l’échéance (annexe à l’art. 15).

Un point important pour vous : la durée hebdomadaire applicable doit être convenue avec vous, idéalement par écrit dans le contrat. Si votre contrat indique 45 heures alors que l’établissement n’est ni petit ni au bénéfice d’une homologation saisonnière, la limite de 42 heures s’applique malgré tout selon notre lecture, puisque la CCNT la fixe comme maximum. Les trois heures au-delà seraient alors chaque semaine des heures supplémentaires. Demandez dès l’entretien d’embauche si l’établissement est considéré comme petit ou saisonnier : vous saurez tout de suite combien d’heures compte votre semaine.

Ce chiffre seul ne vous dit pas encore combien d’heures vous devez travailler dans un mois donné.

La semaine est une moyenne : calculez vos heures dues

Les 42 heures valent en moyenne, pas pour chaque semaine. Lors d’une semaine chargée, vous pouvez travailler plus longtemps, lors d’une semaine calme, moins. Ce qui compte, c’est la durée réglementaire du travail, soit les heures dues sur toute la période, et l’Office de contrôle la calcule toujours de la même façon : jours civils divisés par sept, multipliés par les heures hebdomadaires. Un mois d’octobre de 31 jours donne ainsi 186 heures dans un établissement ouvert toute l’année.

Graphique de la durée réglementaire d’un mois de 31 jours : 186 heures en établissement à l’année, 192,6 en saisonnier, 199,3 en petit établissement et 221,4 comme plafond légal, avec un tableau pour les mois de 28, 30 et 31 jours
Durée réglementaire du travail par mois selon le type d’établissement, et le plafond fixé par la loi sur le travail. Notre calcul d’après le commentaire de l’art. 15 CCNT et l’art. 9 LTr.

Vous déduisez d’abord des jours civils les vacances, la maladie, les accidents et le service militaire. Un jour férié réduit la durée réglementaire de 8,4 heures dans la semaine de 42 heures, soit un cinquième de semaine. Un exemple : vous prenez une semaine de vacances en octobre. Il reste 24 jours, divisés par sept et multipliés par 42, ce qui fait 144 heures. Si votre relevé d’heures indique 158 heures, vous avez fait 14 heures supplémentaires ce mois-là.

Comme la semaine est une moyenne, l’inverse existe aussi : la compensation anticipée. Le commentaire de l’art. 15 cite un saisonnier qui, en début de saison, ne travaille que 35 heures au lieu de 42 pendant deux semaines. L’employeur peut ensuite imputer ces 14 heures sur des heures supplémentaires. Dans la mesure du raisonnable, vous devez accepter ces variations, dans les deux sens.

La loi sur le travail fixe une limite stricte. Pour le personnel de l’hôtellerie-restauration, la durée maximale de la semaine de travail est de 50 heures. Au-delà, on parle de travail supplémentaire. Il est limité à deux heures par jour et à 140 heures par an, et donne droit à une majoration d’au moins 25 %, sauf si vous acceptez de le compenser par un congé de même durée (art. 12 et 13 LTr). Avant d’en arriver là, la question porte le plus souvent sur autre chose : les jours de congé.

Deux jours de repos par semaine, et ce qui compte comme jour de repos

Vous avez droit à deux jours de repos chaque semaine, même à temps partiel. Au moins l’un d’eux doit être un jour entier, c’est-à-dire 24 heures de congé consécutives à la suite du repos nocturne. Si vous rentrez à minuit et reprenez le service le lendemain soir, vous n’avez pas eu de jour de repos. L’employeur peut diviser le second en deux demi-journées. C’est ce que prévoit l’art. 16 CCNT.

Schéma de trois semaines du lundi au dimanche : deux jours de repos entiers consécutifs, un jour entier et deux demi-journées, et sept jours de travail d’affilée à 9 heures par jour au plus, suivis de 83 heures de congé
Trois façons d’accorder les deux jours de repos par semaine. Notre schéma d’après l’art. 16 CCNT.

Une demi-journée de repos a des limites précises. Vous devez être libre soit jusqu’à midi, soit dès 14 h 30 au plus tard jusqu’au repos nocturne, et ce jour-là vous travaillez cinq heures au maximum, interrompues seulement par le repas. Un service de 10 h à 15 h n’est donc pas une demi-journée de repos, même s’il ne dure que cinq heures, comme le confirme l’Office de contrôle. Avec votre accord, l’employeur peut cumuler les demi-journées sur quatre semaines au plus et les accorder d’un bloc, sur douze semaines au plus dans un établissement saisonnier.

Sept jours d’affilée ne sont permis que dans un cas : vous ne travaillez pas plus de neuf heures par jour, et vous avez ensuite au moins 83 heures de congé consécutives. Cela fait presque trois jours et demi. Une règle presque identique figure dans l’ordonnance 2 relative à la loi sur le travail, qui prévoit des dérogations propres à l’hôtellerie-restauration, par exemple le travail de nuit et du dimanche sans autorisation.

Vous devez connaître tôt vos jours de congé. Un établissement ouvert toute l’année fixe les jours de repos au moins deux semaines à l’avance pour deux semaines, un établissement saisonnier une semaine à l’avance pour une semaine, et d’entente avec vous. Un jour de repos non pris doit être compensé dans les quatre semaines, dans les douze en établissement saisonnier. La compensation ne peut se faire que sur des jours de travail, donc cinq jours au plus par semaine. Un jour de repos n’est payé que si la compensation est impossible, et alors à la fin des rapports de travail, à raison d’un vingt-deuxième du salaire mensuel par jour. Un accord qui prévoit de payer régulièrement les jours de repos au lieu de les accorder n’est pas permis, et la loi sur le travail l’interdit aussi (art. 22 LTr).

Les dimanches sont réglés eux aussi. Si vous travaillez en moyenne annuelle cinq jours par semaine, vous avez droit à au moins quatre dimanches de congé par an. Avec des enfants jusqu’à 15 ans ou des proches dont vous prenez soin, le minimum passe à douze (art. 12 et 23 OLT 2). Quatre dimanches, c’est peu, d’où l’intérêt de regarder de près les pauses au cours de la journée.

Pauses, coupure et repos quotidien

Les pauses sont obligatoires, et vous ne pouvez pas y renoncer. La loi sur le travail exige un quart d’heure au-delà de cinq heures et demie de travail, une demi-heure au-delà de sept heures et une heure au-delà de neuf heures (art. 15 LTr). Si vous ne pouvez pas quitter votre poste pendant la pause, elle compte comme temps de travail. L’Office de contrôle précise expressément que l’employeur doit veiller à ce que vous preniez réellement vos pauses.

Entre deux services, il vous faut onze heures de repos consécutives. Une fois par semaine, ce repos peut descendre à huit heures, si la moyenne sur deux semaines reste de onze heures (art. 15a LTr). Pour le service coupé, avec le service de midi, quelques heures de coupure l’après-midi puis le service du soir, une autre règle s’ajoute : tant que vous terminez avant 23 h, toute votre journée, pauses comprises, doit tenir dans 14 heures (art. 10 LTr). Un service de 9 h à 14 h puis de 17 h à 22 h 30 y entre de justesse. À ce rythme, vous accumulez vite plus d’heures que ne le prévoit le plan de travail.

Heures supplémentaires : congé ou argent, 100 ou 125 %

Les heures supplémentaires sont toutes les heures au-delà de la durée hebdomadaire moyenne convenue. L’employeur doit les compenser dans un délai convenable par un congé de même durée, ou les payer. Le choix devrait figurer dans le contrat ; à défaut, c’est l’employeur qui décide. Ce qu’il doit payer dépend de la rigueur avec laquelle il tient le décompte des heures.

Art. 15 CCNT sur l-gav.ch : le chiffre 5 permet de payer les heures à 100 % avec enregistrement du temps, solde mensuel et paiement à temps, le chiffre 6 exige sinon 125 %, le chiffre 7 permet un accord libre dès 6750 francs
Art. 15, chiffres 5 à 7, CCNT : quand les heures supplémentaires sont payées à 100 % et quand à 125 %. Source : l-gav.ch, consulté le 19 octobre 2026.

L’employeur ne peut payer les heures supplémentaires au salaire normal, soit à 100 %, que s’il remplit trois conditions à la fois. Il enregistre votre temps de travail selon les règles de la CCNT, il vous communique chaque mois par écrit votre solde d’heures supplémentaires, et il paie ces heures au plus tard avec le dernier salaire. S’il en manque une seule, chaque heure supplémentaire coûte 125 %. La majoration est donc surtout un moyen de pression pour obtenir un enregistrement du temps rigoureux.

Faisons le calcul. En 2026, une cuisinière titulaire d’un CFC gagne au moins 4’528 francs par mois (art. 10 CCNT). Pour le salaire horaire, l’Office de contrôle divise par 182 heures dans la semaine de 42 heures, ce qui donne 24,88 francs. Vingt heures supplémentaires valent environ 498 francs à 100 %, et environ 622 francs à 125 %. Les salaires minimums de chaque catégorie sont détaillés dans notre article sur les salaires minimums CCNT 2026.

Le solde ne peut pas gonfler sans limite. S’il dépasse 200 heures à la fin d’un mois, l’employeur doit payer tout ce qui dépasse avec le salaire suivant. Ces heures ne peuvent plus être compensées par du congé. En dessous, vous êtes libres, l’employeur et vous, de choisir quand compenser. L’employeur ne peut pas imputer les heures supplémentaires sur des jours de repos pris en trop, ni sur d’autres soldes négatifs (questions et réponses sur l’art. 15).

Les salaires élevés font exception. Si vous gagnez au moins 6’750 francs bruts par mois, sans le 13e salaire, un contrat écrit peut régler librement le paiement des heures supplémentaires, dans le cadre de la loi. Et quoi que dise le contrat, le travail supplémentaire au-delà de 50 heures par semaine coûte toujours au moins 25 % de plus, sauf si vous acceptez de le compenser par du congé. Au bout du compte, un seul document permet de dire si un solde est juste.

L’enregistrement du temps : obligation de l’employeur, preuve pour vous

C’est toujours l’employeur qui répond de l’enregistrement de votre temps de travail, même s’il vous laisse noter vous-même vos heures. C’est ce que prévoit l’art. 21 CCNT, qui s’appuie sur l’art. 46 de la loi sur le travail. Une fois par mois, vous signez le relevé. Si c’est vous qui l’avez tenu, c’est l’employeur qui signe. Vous pouvez demander à tout moment des renseignements sur vos heures de travail et de repos et sur votre solde de vacances et de jours fériés.

Le contenu de ces documents est fixé par l’art. 73 de l’ordonnance 1 : les heures quotidiennes et hebdomadaires avec leur répartition, c’est-à-dire quand vous avez commencé et terminé, le travail supplémentaire, les jours de repos accordés et chaque pause d’une demi-heure ou plus. L’employeur doit conserver ces documents au moins cinq ans selon la loi, et les décomptes de salaire avec leurs pièces dix ans selon la CCNT.

Un plan de travail n’est pas un enregistrement du temps. Le plan indique à l’avance quand vous devez travailler, l’enregistrement montre quand vous avez réellement commencé et terminé. Les partenaires sociaux déconseillent expressément d’utiliser l’un à la place de l’autre. L’Office de contrôle propose sur son site des formulaires de saisie du temps de travail, en fichier Excel ou à imprimer. Selon son propre commentaire, ces formulaires simples remplissent les exigences de la CCNT, mais pas toutes celles de la loi sur le travail. Les outils des associations signataires de la convention remplissent les deux.

Sans aucun enregistrement, la note est salée pour l’employeur. Si un contrôle constate qu’il n’enregistre pas le temps de tout ou partie du personnel, une peine conventionnelle tombe immédiatement, et un second contrôle suit dans les quatre mois. Selon l’art. 35 CCNT, les peines vont de 600 à 20’000 francs. Pour vous, la dernière phrase de l’art. 21 compte davantage : si l’employeur ne tient pas de contrôle, votre propre relevé est admis comme moyen de preuve en cas de litige. Un arrêt venu du Tessin montre ce que cela signifie concrètement.

Ce qu’un agenda a valu devant le Tribunal fédéral

Une serveuse a travaillé dès juin 2016 dans un établissement tessinois, à plein temps, 45 heures par semaine, pour 3’407 francs par mois. En décembre 2017, elle a donné son congé pour fin janvier 2018, et en mai 2019, elle a réclamé en justice, entre autres, le paiement de ses heures supplémentaires. Sa pièce maîtresse : son agenda, dans lequel elle avait noté jour après jour ses heures de travail pendant tout son emploi.

De son côté, l’employeur a produit les décomptes de caisse et les plans de travail. Ni les uns ni les autres n’ont convaincu les juges. Les tickets de caisse montraient seulement quand la caisse avait été fermée, pas quand la serveuse avait fini de travailler. Les plans indiquaient les jours de congé et le service, du matin, de l’après-midi ou du soir, mais aucune heure. Ce n’était pas un enregistrement du temps au sens de la CCNT. Les juges tessinois ont en revanche tenu l’agenda pour crédible, notamment parce que des témoignages, et même les plans de travail de l’employeur, confirmaient indirectement les horaires.

Le Tribunal fédéral a rejeté le recours de l’employeur en août 2024 (arrêt 4A_29/2023). Il a précisé que l’art. 21 CCNT ne renverse pas le fardeau de la preuve : qui réclame des heures supplémentaires doit toujours les prouver. Mais le relevé de l’employée a «valenza probatoria e non soltanto di allegazione di parte», autrement dit la force d’une preuve, et pas seulement celle d’une simple affirmation. Quant à l’argument selon lequel elle aurait fait valoir ses heures trop tard, le Tribunal ne l’a même pas examiné : l’employeur ne l’avait soulevé que devant lui, et non devant le Tribunal d’appel du canton du Tessin.

La leçon est simple. Notez chaque jour l’heure à laquelle vous avez commencé et fini, et quand vous avez pris vos pauses. Un carnet suffit, une note sur le téléphone aussi, pourvu que vous le fassiez au fur et à mesure et non après coup. Le syndicat Unia propose pour cela un décompte horaire pour l’hôtellerie-restauration à imprimer, avec des colonnes pour le début, la fin et les pauses de chaque service.

Comment contrôler vos heures à la fin du mois

À la fin du mois, il vous faut trois chiffres : votre durée réglementaire, vos heures enregistrées et vos jours de repos pris. Vous calculez la durée réglementaire comme plus haut : jours civils sans les vacances ni la maladie, divisés par sept, multipliés par vos heures hebdomadaires. Vous la comparez ensuite à vos heures effectuées. Le droit aux jours de repos se calcule de la même manière, en multipliant par deux au lieu des heures hebdomadaires : pour les 24 jours de l’exemple d’octobre, cela fait 6,86 jours de repos. Si vous n’en avez eu que cinq, l’employeur vous en doit presque deux, à rattraper dans les quatre semaines suivantes.

Comparez ensuite avec le décompte de l’employeur. Si vous recevez chaque mois un solde écrit et qu’il correspond à votre calcul, tout est en ordre. S’il manque, demandez-le poliment, de préférence par écrit :

Bonjour, pourriez-vous me remettre par écrit mon solde d’heures supplémentaires et de jours de repos à fin octobre ? D’après mes notes, j’arrive à 14 heures supplémentaires et à deux jours de repos encore dus. Merci d’avance !

Si la réponse ne vient pas ou si les comptes ne jouent pas, le service juridique de l’Office de contrôle de la CCNT, à Bâle, vous renseigne. L’Office ne contrôle pas les établissements seulement par sondage, mais aussi sur plainte. Les membres d’un syndicat obtiennent de l’aide auprès d’Unia, de Syna ou de Hotel & Gastro Union. Vous avez du temps, mais pas indéfiniment : les créances découlant des rapports de travail se prescrivent par cinq ans (art. 128, ch. 3, CO). La serveuse tessinoise n’a agi qu’un peu plus d’un an après son départ et a tout de même obtenu gain de cause. C’est son agenda qui a fait la différence.

Avant de signer

La ligne la plus importante d’un contrat de travail dans l’hôtellerie-restauration n’est souvent pas celle du salaire, mais celle de la durée du travail. Demandez à l’entretien si l’établissement applique 42, 43,5 ou 45 heures, et pourquoi. Demandez comment il enregistre le temps, si vous recevrez chaque mois votre solde par écrit et combien de temps à l’avance le plan de travail est connu. Un établissement qui répond clairement à ces questions paie en général aussi correctement les heures supplémentaires.

Si vous faites la saison dans un établissement saisonnier en montagne, ce sont les 43,5 heures et les délais plus longs pour les jours de repos qui s’appliquent. Ce qu’il faut encore clarifier, du logement au décompte final, figure dans notre article sur la saison d’hiver. Vous trouverez les postes ouverts par région, par exemple à Genève, à Lausanne ou en Valais.

Questions fréquentes

Les règles de la CCNT s’appliquent-elles aussi à temps partiel ?
Oui. Même à temps partiel, vous avez droit à deux jours de repos par semaine : engagé à 60 %, vous travaillez donc cinq jours au plus. Vos heures supplémentaires sont celles qui dépassent la durée de travail convenue : à 60 % dans un établissement ouvert toute l’année, cela fait selon notre calcul plus de 25,2 heures par semaine en moyenne.
Attendre les clients dans un restaurant vide, est-ce du temps de travail ?
Oui. La CCNT compte expressément le temps de présence comme temps de travail, et la loi sur le travail compte tout le temps pendant lequel vous devez vous tenir à la disposition de l’employeur. Le temps des repas n’en fait pas partie, tant que vous êtes vraiment libre pendant cette demi-heure et que vous n’avez pas à rester disponible.
Que deviennent mes heures supplémentaires si je démissionne ?
Si l’employeur les paie au plus tard avec le dernier salaire, 100 % suffisent, à condition qu’il ait aussi enregistré correctement le temps de travail et vous ait communiqué le solde chaque mois. Si le paiement arrive plus tard, par exemple à part après le dernier salaire, il doit 125 % selon l’Office de contrôle. Il en va de même si vous résiliez le contrat avec effet immédiat pour de justes motifs.
L’employeur peut-il compenser mes heures négatives avec mes vacances ?
Pas à la fin des rapports de travail. Les heures négatives, tout comme les jours de repos et les jours fériés pris en trop, ne peuvent alors pas être imputés sur votre solde de vacances. Les jours de repos et les jours fériés peuvent en revanche se compenser entre eux, mais cela modifie la durée réglementaire du travail.
Un cadre doit-il aussi enregistrer ses heures de travail ?
Oui, s’il est soumis à la CCNT. L’Office de contrôle précise que le temps de travail doit être enregistré pour chaque personne, y compris pour un cadre payé 7’000 francs par mois. Dès 6’750 francs bruts par mois, sans le 13e salaire, le contrat peut toutefois régler librement le paiement des heures supplémentaires.

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